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Past Exhibition

Donne-moi le gîte

From

October 23, 2020

Until

April 6, 2021

The Exhibition

Cette exposition donne un aperçu de l’avenir d’une ville, de celle de St. John’s, Terre-Neuve et Labrador, par le biais des œuvres de 13 artistes émergents que j’ai rencontrés lors d’une série d’entrevues et de visites effectuées sur une période de trois ans. St. John’s est sans conteste une ville qui a du caractère, de la « culture ». Comme la plupart des visiteurs, j’avais des idées préconçues à son sujet. Ces préjugés ont probablement été acquis tout autant en grandissant avec l’émission d’humour Codco que par les campagnes de marketing touristique ou stéréotypes dont, en tant que moi-même de la Côte est même, j’étais au moins équipé pour être méfiant. Et pourtant, on m’avait prévenu : « Quoique tu fasses, n’essaie pas de définir la culture de Terre-Neuve et Labrador. Ne sois pas un autre de ces experts de l’extérieur qui font des recommandations ou portent des jugements. » Donc, venant de l’extérieur, j’ai écouté.

Ce faisant, j’ai appris comment des artistes posaient des questions sous forme d’« art contemporain ». Pour eux, le « contemporain » (« avec le temps ») impose la collision entre les formes locales et globales, entre la tradition et l’avenir ainsi qu’entre la stabilité et la mobilité. Dans cette rencontre, St. John’s occupe une position particulière, à la fois en marge et au carrefour d’une réalité économique internationale mobile, d’un héritage culturel à la fois oppressif et répressif, et d’une histoire de colonisation et de relocalisation. C’est aussi un endroit où, tout en portant un regard critique sur les utopies souvent imposées par le monde extérieur, les artistes ont réussi à imaginer et à construire une communauté, trouver un gîte, aussi fragile soit-il, dans un monde naturel sublime, parfois écrasant, et dans des conditions parfois précaires. St. John’s, qui pour bon nombre de ces artistes est une ville d’adoption, semble particulièrement accueillante aux solutions autonomes, créatives et parfois improvisées. Peut-être est-ce parce que c’est un lieu où la modernité s’essouffle, où l’on connaît la fragilité de l’habitat et la nécessité constante de faire, de refaire et de protéger les mondes qui nous entourent. Ce que font les artistes à St. John’s peut nous éclairer face à une réalité incertaine qui exige une énergie créative et constructive.

-Pan Wendt, conservateur